À l’approche du G7, Energy Observer témoigne de l’urgence absolue d’agir face au réchauffement en Arctique

À quelques jours du lancement du G7 à Biarritz, et la décision des États de ne pas publier de déclaration commune à l’issue du sommet, Energy Observer qui vient de réaliser une première historique en rejoignant l’Arctique grâce aux énergies renouvelables et à l’hydrogène, lance un appel sur l’urgence absolue d’agir pour ralentir le changement climatique. La débâcle des glaciers millénaires qu’ils ont constatée au Svalbard, Ground Zero du changement climatique, nous rappelle l’urgence d’une mobilisation générale. Nous devons être à l’écoute des signaux que nous envoie la planète, et des solutions dorénavant accessibles. Il est encore possible d’amortir le choc et de réagir afin que notre monde devienne une Arche de Noé et non un Titanic.

© Energy Observer - Antoine Drancey

Le Svalbard, le Ground Zero du changement climatique

Ce n’est pas une simple formule, mais bien une définition. Plus qu’ailleurs sur la planète, le Svalbard est un véritable baromètre climatique mondial. Soumis à tous les courants marins et aériens, on y constate des variations de températures impressionnantes, atteignant parfois les 30 degrés Celsius en 24h. Les scientifiques appellent ces phénomènes l’Amplification Arctique ou Polaire, surtout sensibles depuis une dizaine d’années : le Spitzberg sur-réagit à tous les facteurs climatiques et sa température augmente 2 à 3 fois plus vite qu’ailleurs.

© Energy Observer - Antoine Drancey

Des dizaines de chercheurs et de scientifiques y travaillent quotidiennement pour tenter de comprendre et de mesurer les soubresauts de notre climat. Parmi eux, Heidi Sevestre a accompagné l’équipage de son expertise de docteur en glaciologie pour lui permettre de témoigner concrètement des enjeux colossaux de ces phénomènes.

© Energy Observer - Antoine Drancey

Paradoxalement, le Svalbard a toujours été une terre d’extraction de l’énergie, de l’huile de baleine jusqu’aux mines de charbon, et demain les hydrocarbures arctiques. Ces dernières éveillent les convoitises des grandes puissances, de la Chine (premier constructeur de brise-glaces aujourd’hui …) à la Russie (toujours présente au Spitzberg) aux USA (aux ambitions arctiques déclarées) ou le Canada, qui se préparent à exploiter la fonte des glaces pour forer et extraire toujours plus d’énergies fossiles. Une catastrophe désormais évidente, alors qu’il est aujourd’hui fondamental d’investir massivement dans les énergies renouvelables. Le Svalbard a d’ailleurs toutes les cartes pour basculer vers ce type d’énergies : du vent, de l’eau, des montagnes et même beaucoup de lumière l’été…

© Energy Observer - Antoine Drancey

Les glaciers, fragiles sources de vie de l’humanité

Ils recouvrent 60% de la surface du Svalbard et sont très sensibles à toute variation climatique. Leur masse s’effondre avec des conséquences connues comme l’élévation du niveau des mers, mais aussi la perte de leur réflexion solaire et des données stockées dans la glace depuis des millénaires. Mais la glaciologue a également permis à l’équipage d’Energy Observer de constater d’autres phénomènes moins connus.

Tous les glaciers sont en mouvement et érodent les roches comme du papier de verre, apportant toute l’année des sédiments importants dans les fjords lorsque la glace s’y dissout. « On s’est rendu compte que ces apports sont fondamentaux parce qu’ils sont la base de la chaîne alimentaire, dans des eaux sinon relativement pauvres en nutriments. L’accélération de la fonte des glaciers nourrit donc plus le phytoplancton à court terme, mais si ces glaciers s’épuisent, c’est toute la biodiversité marine qui va s’appauvrir. » explique Heidi, qui a également emmené l’équipage sur place pour constater les phénomènes de « Surge ». Ce terme anglo-saxon définit l’accélération phénoménale de certains glaciers comme celui du « Basin 3 », au nord-est du Spitzberg, qui a perdu autant de masse que les 1.600 autres de l’archipel et se déplace dorénavant de 25 mètres par jour ! Ce phénomène concerne tous les glaciers de marée, ceux qui se fondent dans la mer. Sous l’effet de la hausse des températures marines, leur base fond plus vite et leur pente finale s’accentue, créant d’impressionnantes crevasses. Ces dernières capturent les eaux de pluie et de fonte pour les diriger directement sous le glacier, ce qui provoque une lubrification et donc une accélération spectaculaire de la vitesse de glisse, qui elle-même augmente la taille des crevasses … Un cercle vicieux qui rappelle celui des seuils irréversibles de température et globalement l’urgence inédite de la situation.

Rappelons juste qu’un à deux degrés de plus nous font toucher du doigt ces valeurs, ce qui libéreraient le méthane du permafrost avec l’équivalent de 130 à 160 Gigatonnes de CO2. De quoi anéantir toutes les espèces vivantes …

International cryosphere climate initiative

La glaciologue a également apporté ses analyses sur l’importance cruciale des glaciers dits tropicaux, dont ceux des Andes, parce que plus l’on se rapproche de l’équateur, plus leur impact est immédiat. 70% de l’eau douce dans le monde provient de la neige et des glaciers et la compréhension de leur comportement actuel est donc vitale.

« Notre existence même est intimement liée à celle des glaciers et nous l’ignorons trop souvent » constate Jérôme Delafosse, Chef d’expédition d’Energy Observer après ces journées à arpenter ceux du Spitzberg et de l’archipel du Svalbard avec Heidi Sevestre.

Heidi et Jérôme concluent de concert : « Le climat a toujours changé, ce n’est pas le problème. Ce qui nous frappe désormais, c’est la vitesse. Si les espèces ont pu s’adapter sur des cycles millénaires de changements, pourront-elles le faire sur une dizaine d’années ? Mais l’humain a une conscience et il est capital de ne pas baisser les bras, il faut garder de l’espoir, nous avons les ressources et les technologies, comme le démontre Energy Observer. Mais si nous devons tous agir au quotidien, que chaque geste compte et que nous devons mettre en œuvre les innovations indispensables, il est urgent que les décideurs politiques prennent les décisions permettant d’amortir un choc planétaire inévitable ! »

Les expéditions polaires ont historiquement été de grosses consommatrices d’énergies fossiles, depuis Sir Shackleton, dont le Nimrod était suivi par un autre bateau rempli de charbon, jusqu’aux voiliers modernes aux cales débordantes de gasoil. Glisser en silence et en sécurité au pied des glaciers arctiques sans accélérer leur fonte était un objectif ambitieux pour les ingénieurs et marins d’Energy Observer. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait », commenterait Mark Twain.

Victorien Erussard, Capitaine et fondateur d’Energy Observer : « Nous sommes un bateau laboratoire : cette navigation vers le Svalbard avec des eaux et des températures extrêmement basses nous a permis de tout tester, du stockage à la production d’ENR. Une véritable course contre les énergies fossiles, que l’on ne pouvait pas perdre. Au cœur de l’Arctique, la mixité énergétique s’est montrée particulièrement efficace et nous prouve tout son potentiel également à terre. Il est ainsi possible de se déplacer autrement aujourd’hui. Nous espérons contribuer à notre échelle à l’accélération du déploiement des ENR et de l’hydrogène vert qui sont des éléments clefs pour faire face au changement climatique et à nos besoins énergétiques futurs. »

Energy Observer poursuit donc sa mission intensive et exigeante de laboratoire des clean tech afin d’accélérer la transition énergétique, l’un des plus gros défis du XXIème siècle. Porteur de solutions concrètes et positives, son parcours en Arctique le place aussi aujourd’hui devant des constats alarmants, et sa mission d’ambassadeur des Objectifs de Développement Durable l’oblige à témoigner d’une urgence absolue et incontestable. Parce qu’à la veille du G7, nous devons prendre conscience que les décisions d’aujourd’hui vont impacter la planète pour des siècles.

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Images 3D : Kadeg BOUCHER et Quentin CHICHE
Montage : Delphine COHEN
Direction artistique et graphisme : Cokau lab
Identité visuelle : Studio Be-Poles
Musique : Demusmaker
Mixage son : Rodolphe GERVAIS/Studio du faune
Réalisation : Jérôme DELAFOSSE

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